Casablanca
Guerre d'associations à Sidi Moumen
. Face-à-face à armes blanches entre deux petites ONG. Une manifestation d'opposants au relogement en appartement dégénère Un sit-in pas comme les autres. Les faits se sont déroulés vendredi dernier à Sidi Moumen.
D'un côté, des manifestants regroupés dans une petite association qui
organisait un sit-in pour accélérer les procédures de relogement, et de
l'autre, des contre-manifestants appartenant à une autre petite ONG
locale… Les deux camps se revendiquent de l'AMDH.
Pour régler leur «contentieux», ils s'en sont venus à une bataille à
l'arme blanche: couteaux, gourdins,… tout était prêt pour un bain de
sang. «Nous nous sommes regroupés devant le siège de l'arrondissement Sidi Moumen, vendredi dernier.
Tout d'un coup, des hommes surgis de nulle part, nous ont attaqués»,
accuse un membre de l'Association marocaine des droits de l'homme
(AMDH). «Bien plus, les deux parties sont mobilisées par des membres de l'AMDH.
D'un côté, ceux qui sont pour la manifestation, et de l'autre, ceux qui
s'y opposent», indique Ahmed Brija, président de l'arrondissement de
Sidi Moumen.
Selon l'association, les assaillants relèvent de la Ligue des
associations de Sidi Moumen qui rassemble une cinquantaine d'ONG aux
multiples champs d'intervention.
Dans cette noria d'associations, une se détache: l'association
Almassire présidée par Bouchaïb Mhimika accusée d'être l'instigatrice de
la contre- manifestation.
Cette association est partenaire dans un projet d'aménagement d'un
marché pilote destiné aux commerçants et artisans de Sidi Moumen. La structure comptera 400 magasins.
Pour l'AMDH, les choses sont claires : Ce sont les 400 bénéficiaires
qui ont été mobilisés par le président de Almassire pour s'opposer au
sit-in. Les manifestants ont des revendications en termes de logement. Ils accusent les assaillants qui convoitent des locaux commerciaux de vouloir saboter leur mouvement.
Les commerçants et artisans leur reprochent de verser dans la
surenchère gratuite de «nature à compromettre leur projet de marché
pilote».
Quoi qu'il en soit, les accrochages ont animé cette nuit ramadanesque,
mais les forces de l'ordre ont réussi rapidement à maîtriser la
situation. En tout, cinq personnes des deux camps ont été arrêtées et conduites au poste de police d'Anassi. Pourquoi le sit-in ? Les manifestants de Sidi Moumen Lakdime refusent d'être relogés dans des appartements.
Ils demandent d'être traités comme les habitants de douar Skouila et du
bidonville Thomas qui ont bénéficié de lots de construction. Un militant de l'AMDH accuse Brija de tirer les ficelles de toute cette affaire. C'est pourquoi, le sit-in a eu lieu devant le siège de l'arrondissement communal de Sidi Moumen (sur le boulevard Lalla Asma). Un choix qui n'est pas fortuit.
C'est une façon justement de protester contre le président de
l'arrondissement (Ahmed Brija), qui est aussi premier adjoint du
maire.Ali JAFRY

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